mercredi 17 avril 2013

[Livre] "Vous descendez ?" de Nick Hornby





« Vous descendez ? » de Nick Hornby
Chez les éditions 10_18

En quelques mots : Martin, Jess, JJ et Maureen se rencontrent le soir du nouvel an à Londres, en haut de la Tour du Saut. Ils ont un point commun, ils veulent se suicider…

  • En deux mots : poids & mots
  • En une question : Et si une rencontre pouvait tout changer ?

SPOILER MINIMUM


« Vous descendez ? » de Nick Hornby est un livre que j’ai découvert lorsque j’ai découvert sa futur adaptation (voir les infos en fin de billet).
Une histoire surprenante au départ... Il faut dire que le début n’est pas banal : 4 candidats au suicide se retrouvent le soir du réveillon du 31 sur le toit de la tour du saut à Londres. Ils ont chacun leurs raisons, mais ils veulent tous les 4 en finir...

Maureen, mère d’un enfant lourdement handicapé à bout, solitaire et malheureuse depuis des années, elle a tout planifié, tout organisé depuis des semaines pour que ce soir soit son dernier soir …
Martin, ex présentateur TV à la carrière fichue est brisé par un scandale, une histoire avec une ado de 15 ans qu’il croyait plus âgé. Il a tout perdu : boulot, femme et réputation.…
Jess, 18 ans, malheureuse en amour et harceleuse de cet amour perdu souhaite ce soir sur un coup de tête sauter du haut de la tour…
JJ, jeune américain livreur de pizza est monté ce soir à la Tour de Londres parce qu’il passait dans le coin et que son groupe de musique n’est plus et qu’il vient de se faire plaquer par la petite amie pour qui il est venu s’installer à Londres…
Ces 4 personnages à bout, désespérés vont finalement décider de se donner quelques jours de plus…Juste quelques jours de plus...

Une base de roman qui peut donc surprendre mais qui l’air de rien nous attrape au fil de la découverte de ses 4 personnages attachants chacun à leurs manières. Mais aussi par l’humour glissé ici et là, de page en page…

Les points de vue s’alternent de chapitre en chapitre, tous ouverts par le prénom du personnage qui prend la parole. On avance ainsi dans l’histoire grâce aux 4 héros qui nous racontent ce qu’il se passe de leurs points de vue. On découvre alors les différentes scènes importantes du livre selon différents angles.

Chacun personnage ayant leurs propres failles et leurs propres forces qui les rendent émouvants et attachants :
JJ jeune homme sensible, musicien largué par sa copine dans un pays qui n’est pas le sien est le plus à l’écoute.
Jess jeune fille révoltée, spontané et un peu perdue, parle sans aucun filtre. En mode « cerveau-bouche », sincère, très franche et peu délicate mais souvent juste dans ses réflexions et ses propos même si elle n’y mets pas du tout les formes.
Martin la cinquantaine est blasé. Il est celui qui a tout perdu alors qu’il avait toute. Et malgré tout, il reste posé et réfléchi .
Maureen, la cinquantaine, fervente catholique qui laisse sa vie défiler en se sacrifiant en permanence pour le bien de son fils, voit sa vie monotone et triste défilée, mais le feu couve pour le peu qu’elle se frotte au monde extérieur.

Par ricochets, après cette soirée sur le toit de la tour de Londres, ils vont tous voir leurs vies changer… Des effets papillons plus ou moins importants, mais qui les poussent tous, tout doucement vers la vie… Chacun influençant l'autre de manière inattendue… A l’image de Maureen qui suite à leurs rencontres et le plan mis en place, sort de chez elle, va faire un quizz et va trouver du travail...

"Vous descendez?" est une ode au « faire un pas après l’autre » ou « à chaque jour suffit sa peine » mais surtout une ode au « demain réserve encore (toujours ?) des surprises. ». Nick Hornby insuffle de l'espoir là où il ne semble pas y en avoir...

L’auteur avec beaucoup de justesse nous offre ici 4 personnages qui s’équilibrent entre eux de manière très juste et subtile. Subtil, parce que finalement il ne se passe pas grand-chose concrètement, mais les profonds bouleversements intérieurs de chacun grâce aux autres vaut pour 100 actions. Malin, l’auteur nous pousse par ses descriptions et les liens qu’il évoque à nous amuser à faire quelques liens ou comparaison entre les personnages et leurs vies. 2 hommes, 2 femmes, des initiales communes mais des vies très différentes et pourtant de nombreux points communs…

Un livre plein de peine mais aussi plein d’espoir. Des solitudes et des peines qui se rejoignent et prennent un nouvel équilibre ensemble. J’ai d’ailleurs eu un vrai coup de cœur sur un passage où Maureen évoque le poids des choses… Le poids que l’on donne chacun à un événement, une chose, un sentiment… La comparaison peut souvent être surprenante…

Un livre aussi attachant que ces personnages, que je vous recommande vivement…

En bref : Un roman qui nous interpelle et nous pousse à la réflexion sur le rapport entre les êtres et les choses.  Entre l’action et l’inaction. Mais aussi et surtout le poids des mots, des événements et des sentiments qui peut varier d’une personne à l’autre. Un roman sur les rencontres, l’ouverture d’esprit, la tolérance et l’intérêt que l’on peut donner aux choses et aux gens qui nous entoure.  Un livre simple, drôle et chargé d’espoir sur un sujet qui au départ ne l’est pas du tout…

PS: Un livre qui m'a fait découvrir un autre livre "Révolutionnary road" de Richard Yates qui est le livre à l'origine du film "Les Noces Rebelles" de Sam Mendès, avec Léonardo DiCaprio et Kate Winslet... Une adaptation donc...
Un livre qui m'a aussi fait découvrir un chanteur et un album que je vous recommande même pour découvrir ce livre :  l'album "Five leaves Left" de Nick Drake, évoqué par Jess et qui colle tout à fait à l'ambiance...


Morceaux choisis / Citations :

« Si tu empruntes les fringues d’une autre, les trucs qui l’intéressent ou sa façon de parler, ça te fait un peu de vacances de toi-même, moi je trouve. »
« Je me suis rapprochée, j’ai posé la main sur son épaule et il m’a regardée comme si j’étais une personne et non une source de désagrément, et il y a presque eu un instant de magie. Pas romantique, genre Ross et Rachel (tu parles), mais un instant de compréhension mutuelle. Et puis on a été interrompus, et l’instant s’est envolé. »
« Un truc que j’ai appris au cours de ces deux dernières années, c’est qu’en insistant bien, il n’y a rien qu’on ne puisse foirer. »
« Je n’avais pas vraiment d’idées, et cela n’ennuyait. Cela me faisait même peur. Un peu comme si vous découvriez dans votre propre maison une porte que vous n’aviez encore jamais remarquée. Auriez vous envie de la savoir ce qui se trouve derrière ? »
« Nous avons tous en général une corde qui nous lie à quelqu’un ; elle peut être courte ou longue. Mais on ne connaît jamais la longueur. Ce n’est pas nous qui décidons »


 « On se trompe sur le poids des choses. Il faut tout le temps deviner si les choses sont lourdes ou légères, surtout ce qui se trouve en vous. »

« Mais ensuite elle a voulu m’accompagner voir Cindy, et j’ai accepté. Je sais, je sais. Mais je voudrais vous y voir, vous : essayer donc de dire non à Jess. »
« Elle veut dire qu’on est tous constitués de ce qui nous est arrivée. Alors si tu enlèves ce qui nous est arrivé. Tu ne sais…
-       non, putain, je ne sais pas, à dit Jess »
« D’accord, il y avait des mots dans ma tête, mais cela ne veut pas dire qu’on réfléchit. Ce n’est pas parce qu’on a plein de monnaie dans la poche qu’on est riche. »
« - Laissez moi au moins écouter la fin, repris le sans-abri. Ne retournez pas à l’intérieur. Putain, j’ai jamais droit à la fin des histoires, moi, je suis tout le temps coincé dehors. »
« J’ai enfin reconnu que j’avais voulu me tuer, non parce que je détestais vivre, mais parce que j’adorais vivre. »
« Vous voyez ce que je veux dire avec mon rien, et mon quelque chose. »
« Mais je n’arrive toujours pas à me décider pour savoir si ce sont des coïncidences ou pas. Obtenir ce que l’on veut n’est peut être jamais une coïncidence. »
« Les être humains sont des millions de choses en un jour, et sa méthode en tient bien plus compte que la conception occidentale de l’identité. »
« C’est une monnaie comme une autre l’estime de soi. Vous pouvez passer des années à économiser, et tout claquer en une soirée, si vous le voulez. Moi, en quelques mois, j’avais jeté par la fenêtre l’équivalent de quarante et quelques années, si bien qu’il fallait que j’économise de nouveau. »
« Nous avons regardé la grande roue pendant un long moment. Martin avait raison. On aurait dit qu’elle ne bougeait pas. Pourtant, elle devait tourner non ? »

Un roman adapté par Pascal Chaumeil sous le nom de "A LONG WAY DOWN".
Avec Pierce Brosnan (Martin), Aaron Paul (JJ), Toni Collette (Maureen) et Imogen Poots (Jess)
Pour le moment pas de date de sortie en France ni de distributeur, mais je vais suivre cela de de près ;)
En attendant 3 petites photos qui me vont plutôt bien ! 




[Sortie Ciné] Du livre au ciné ! Les sorties de la semaine 17/04/2013


Du livre au ciné !!

"quand le livre prend vie au ciné"

17/04/2013 : Cette semaine au ciné on peut retrouver


  

SCIENCE FICTION, ROMANCE, ACTION
Chez Metropolitan FilmExport

"Les Âmes vagabondes" d'Andrew Niccol est l'adaptation du roman éponyme de Stephenie Meyer.

Avec : Saoirse Ronan, Diane Kruger, Max Irons, Jake Abel, William Hurt, Frances Fisher, Scott Lawrence 

En quelques mots : Dans le futur, une race d’extraterrestres pacifiques, les Âmes, ont pris le contrôle de la Terre. La plupart des humains sont devenus des hôtes pour ces aliens qui ont envahi leur esprit en laissant leurs corps intacts. Melanie (Saoirse Ronan) est l’une des rares humaines qui résistent encore, mais lorsque la Traqueuse (Diane Kruger), chargée d’asservir les derniers récalcitrants, la capture, une âme nommée Vagabonde est implantée dans son corps malgré elle. Vagabonde découvre tout ce qui rend la vie à l’intérieur des humains si difficile : les émotions, les passions et les souvenirs tellement vivants... De plus, Melanie, l’ancienne propriétaire du corps qu’elle habite désormais, résiste à la possession de son esprit. La Traqueuse harcèle Vagabonde pour qu’elle puise des informations dans la mémoire de Melanie afin d’apprendre où se cachent les derniers résistants humains, dont Jared (Max Irons), l’amant de Mélanie, Jamie (Chandler Canterbury), son frère de 11 ans, Ian (Jake Abel), l’homme que Vagabonde a déjà remarqué, et son oncle, Jeb (William Hurt). Pourtant, l’exceptionnelle volonté de Melanie va pousser Vagabonde à devenir son alliée. Ensemble, elles se lancent dans une quête impossible pour sauver la famille de Melanie, et les hommes qu’elles ont appris à aimer toutes les deux...




ACTION
Chez SND

"Parker" de TaylorHackford est à l'origine un personnage créé par l’écrivain Donald E. Westlake (connu sous le nom de Richard Stark), incarné à plusieurs reprises à l'écran, notamment par Lee Marvin (Le Point de non retour), Robert Duvall (Echec à l'organisation), Mel Gibson (Payback) et même Chow Yun-Fat (Full Contact). Si le personnage n'a jamais été nommé "Parker" dans toutes ces adaptations, c'est parce que l'auteur s'y était toujours formellement opposé. Néanmoins, le décès de Donald Edwin Westlake en 2008 a permis aux producteurs de reprendre le nom. (source Allociné). Cette nouvelle adaptation est adaptée du roman "Flashfire". (source)

Avec : Jason Statham, Jennifer Lopez, Michael Chiklis, ...

En quelques mots : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs 
Parker est le plus audacieux et le plus redoutable des cambrioleurs. Spécialiste des casses réputés impossibles, il exige de ses partenaires une loyauté absolue et le respect scrupuleux du plan. Alors qu’une opération vient de mal tourner à cause d’une négligence, Parker décide qu’il ne travaillera plus jamais pour Melander et son gang. Mais le caïd n’accepte pas l’affront et ses hommes laissent Parker pour mort. Bien décidé à se venger, Parker remonte la piste du gang jusqu’à Palm Beach. Se faisant passer pour un riche Texan à la recherche d’une luxueuse propriété, il rencontre la séduisante Leslie, un agent immobilier qui connaît les moindres recoins de l’île. Avec l’aide de la jeune femme, Parker découvre que le gang projette de rafler 50 millions de dollars de bijoux. Il monte alors un plan pour s’en emparer. C’est le début d’une opération dont Parker n’avait prévu ni l’ampleur, ni les conséquences…


DRAME

Chez ZED

"What Richard Did" de Lenny Abrahamson a été inspiré à l'origine par le livre de Kevin Power, "Bad Day In Blackrock". Il n'existe pas pour le moment en version français. Toutefois, dans un souci de réalisme, Lenny Abrahamson a beaucoup écouté ses jeunes acteurs pour nourrir les personnages du film.

Avec : Jack Reynor, Lars Mikkelsen, Roisin Murphy, Padraic Delaney...

En quelques mots : Richard Karlsen, capitaine de l’équipe de rugby et jeune homme de la middle class irlandaise, profite des derniers jours de l’été avant son entrée à l’université. Son avenir semble radieux et le champ des possibles lui est grand ouvert. Un jour, il commet un acte irréversible qui va bouleverser à jamais sa vie et celles de ses proches.


 

DRAME
Chez Les Films à Fleur de Peau

"Le Voile Brûlé" de Viviane Candas est inspiré d'un fait divers survenu en Algérie en 1999. La réalisatrice avait également écrit un livre sur le sujet publié en 2004 (Flammarion) avant de décider de le transposer dans un long métrage, son quatrième.

Avec : Sonia Amori, Stéphane Nahal, Rebecca Loi ...

En quelques mots : L’histoire se déroule à la périphérie d’une grande ville qui peut-être Istanbul, Francfort, Paris ou Alger, dans une cité peuplée de gens déracinés. Un frère et une sœur d’une vingtaine d’années, orphelins, partagent le studio de cette cité où ils ont grandi et dont ils ne sortent quasiment pas. Leur tante vit dans l’immeuble voisin avec sa fille qui prépare son mariage.






COMEDIE

Chez UGC Distribution


"Les Profs" de Pierre-Français Martin-Laval est adapté de la bande dessinée humoristique du même nom, grand succès depuis son lancement en 2000. Saga BD signé Erroc, Pica, Mauricet et Jacqueline Guénard.



Avec : Christian Clavier, Isabelle Nanty, Pierre-François Martin-Laval, Kev Adams, François Morel, Arnaud Ducret, ...



En quelques mots 
Avec ses 12% de réussite au bac, le lycée Jules Ferry est le pire lycée de France. Ayant déjà épuisé toutes les méthodes conventionnelles, l’Inspecteur d’Académie, au désespoir, s’en remet aux conseils de son Adjoint. Ce dernier lui propose de recruter une équipe de professeurs selon une nouvelle formule : aux pires élèves, les pires profs pour soigner le mal par le mal… C’est sa dernière chance de sauver l’établissement, à condition de dépasser le seuil des 50% de réussite au bac. L'inspecteur accepte, pour le meilleur... et pour le pire.

mardi 16 avril 2013

[Cinéma] "Les âmes vagabondes" d'Andrew Niccol



"Les Âmes vagabondes" d'Andrew Niccol
Distribué par : Metropolitan FilmExport


En quelques mots : Dans un futur proche, la Terre a été colonisée par les Âmes. Une espèce extraterrestre qui efface l’esprit des êtres humains et transforment leurs corps en hôtes pour des voyageurs interplanétaires. Les Âmes ont fait de la Terre une planète saine, sûre et pacifique… mais au prix de l’éradication presque totale de l’espèce humaine. Mélanie Stryder et son jeune frère font partie des rares humains ayant pu leur échapper. Chaque jour est une lutte pour leurs survies, un soir en quête de nourriture, elle va rencontrer Jared, autre humain en fuite. Ils doivent se cacher dès qu’ils le peuvent car leurs regards, sans Âmes, les trahiraient immédiatement. Un jour alors que Mélanie est avec son jeune frère en quête de nourriture, les traqueurs vont les repérer. Pourchassée, Mélanie va alors prendre tous les risques pour protéger ceux qu’elle aime, jusqu'à se sacrifier. Mais elle survit miraculeusement et doit désormais partager son corps avec « Vagabonde » qui est là pour fouiller sa mémoire et révéler à la Traqueuse des informations sur les autres humains rebelles qu’elle pourrait connaître. Mais Mélanie s’y oppose…



  • En deux mots : âme & choix
  • En une question : La tolérance pour savoir apprendre ou savoir écouter ?


SPOILERS MINIMUM



Adaptation du roman de Stephenie Meyer, « Les Âmes vagabondes » d’Andrew Niccol est un des films que j’attendais le plus cette année. J’avais dévoré le roman, adoré l’univers développé par Stephenie Meyer et surtout beaucoup aimé le personnage de Mel/Gaby. Et puis il faut dire que l’adaptation de ce roman est à la base un sacré pari. Plutôt osé de mettre en image des discours intérieurs entre une âme et une conscience… Facile au fil des pages et des mots, mais beaucoup moins dans une mise en image… Et pourtant…

A l'image du livre, même si certains points sont effacés ou simplifiés, "Les Âmes vagabondes" reste bien dans l'univers décrit et imaginé par Stephenie Meyer. C'est à la fois un film de science-fiction à l’univers et la technologie futuriste, un film d'action et d'aventure où traqueurs et rebelles se méfient en permanence les uns des autres... Mais aussi bien sûr, et surtout un film d’amour pour les liens qui unissent les êtres humains mais aussi les Âmes entre eux et avec eux. Et franchement entre "Bienvenue à Gattaca" et "The Truman Show", Andrew Niccol semblait le réalisateur idéal et je dois dire que mise à part quelques soucis de scénarios je ne suis pas déçue.

Centré sur 3 héroïnes, Mélanie, l’humaine traquée, Gaby, l’Âme implantée en Mel et la Traqueuse, qui porte bien son nom, ce film met en avant les thèmes de l’amour familial, amoureux et amical mais aussi la tolérance, la liberté et l’ouverture d’esprit envers la différence...

Les Âmes représentent un peuple pacifiste et harmonieux. La faim, la maladie et la violence n’existe plus. Un monde utopiste, froid et vide de toutes émotions… Un monde que Mélanie et quelques humains tentent de fuir au prix de la solitude... Mélanie est seule avec son jeune frère depuis des années. Un soir où elle va voler ce dont elle a besoin, elle va croiser un autre humain : Jared, jeune homme à peine plus âgé qu’elle… Ils vont bien sûr tomber amoureux... Mais, il y a bien sûr un mais...  Mélanie afin de mettre en déroute des traqueurs fait le choix de se sacrifier pour faire diversion et sauver son plus jeune frère. 

Attrapée et soignée, elle va alors se réveiller et constater qu'une Âme a été implanté en elle et qu'elle dirige son corps. Elle découvre alors que la seule façon pour elle de communiquer passe l'Âme qui dirige son corps via sa pensée. Mais Mel a des secrets qu'elle ne veut dévoiler et Gaby ne sait pas mentir... Mel et Gaby vont alors apprendre à se connaître, mais la rébellion et la ténacité de Mel à protéger les siens fait face à l'obéissance et la soumission inébranlable de Gaby pour les Traqueurs, jusqu'au jour où... 

Je n’en dis pas plus pour garder la surprise et le plaisir de la découverte pour tout ceux qui n’ont pas lu le roman, mais en quelques mots, l’adaptation est assez réussie. C’est avec plaisir que j’ai redécouvert la trame de l’histoire que j’ai lu à sa sortie en 2008. Je n’avais donc pas le roman bien en tête mais j’ai pu noter et reconnaître de nombreuses scènes qui sont alors remontées dans mes souvenirs.  J'ai souri à de nombreuses reprises, heureuse de voir cette mise en image de mes souvenirs. C'est comme un bon souvenir que l'on prend plaisir à revoir... Alors même si cette adaptation a rajeunie les héros, même si elle a effacé certains personnages, même si elle est beaucoup moins sombre et moins dure que livre, j'ai aimé ce que Andrew Niccol en a fait. J'ai aimé l'univers qu'il a su mettre en place. J'ai aimé les mises en scènes, les gadgets et les véhicules de ce futur... J'ai aimé les émotions qu'il a su faire passer par un regard, un gros plan, un angle de vue... (The Truman Show touch !). J'ai aimé découvrir ses yeux, ses regards  qui marquent la différence entre Âmes et Humains. J’ai adoré la mise en image de ces Âmes… J'ai aimé les liens de Mel et Gaby. J'ai aimé voir le petit frère de Mel s'approcher en douceur de Gaby. J'ai aimé voir Gaby et Ian se rapprocher. J'ai aimé voir Jared parfois un peu perdu dans ses sentiments. J’ai beaucoup aimé les dialogues entre Oncle Jeb et Mel/Gaby et ceux avec le docteur. J’ai aimé redécouvrir les soigneurs, leur calme et leur gentilesse et leurs regards si troublants... J'ai aimé la BO... Et j’ai adoré être surprise par la fin du film…

Mais, cependant, je reconnais aussi quelques bémols...

Seuls bémols à cette adaptation pour moi :
[SPOILER]
-       les décors des grottes qui est font bien trop « studio » et bien peu naturelles… Le bassin est également raté à mon sens, je me serais presque cru dans une attraction de Disney ou la rivière sauvage de Center Parc. Vraiment dommage.
-       le rajeunissement de nos 3 héros même si leur prestation est bonne.
-       l’arrivée de Mélanie/Gaby dans le repère d’Oncle Jeb. Dans le roman, les scènes sont beaucoup plus longues, son isolement beaucoup plus difficile et Mélanie met beaucoup plus de temps à faire amie/amie avec Gaby... J’ai souffert avec Gaby et Mel dans le livre, je n’ai pas souffert ici. Tout va très vite.
-   une accélération de l'histoire qui perd en réalisme sur les liens des personnages entre eux.
-       les liens entre Gaby et les autres humains dans le roman sont beaucoup plus long à se mettre en place, beaucoup plus subtils...
[FIN SPOILER]

Malgré donc quelques petites déceptions, je me suis volontiers laisser porter par l’histoire, la mise en scène d’Andrew Niccol et son univers futuriste que j’avais déjà admiré dans Bienvenue à Gattaca. Mais surtout j’ai découvert 3 acteurs épatants qui ont su mettre un peu d’humour dans des situations pas forcément facile à interprêter. Max Irons est à surveiller dans les mois à venir à mon sens et Saoirse Ronan est fabuleuse, Jake Abel touchant. A noter également une interprétation convaincante de Diane Kruger (La Traqueuse) méconnaissable dans une méchanceté inattendue chez elle. Sans oublier le plaisir de retrouver William Hurt (Oncle Jeb) adorable et taciturne à la fois...

Alors c'est vrai que le récit du roman est beaucoup plus adulte et les questionnements beaucoup plus importants que dans le film, mais cette vision d'Andrew Nicoll reste une belle adaptation et sincèrement j'ai aimé ses 2h passé avec eux... Et j'espère que ceux qui verront le film auront la curiosité de lire le livre.

Mon conseil? Définitivement voir le film et lire le livre ensuite pour découvrir tous les détails manquants et les questionnements intérieurs de Gaby et Mel. Et surtout découvrir d’autres personnages secondaires absents ici et pourtant attachants…

Pour finir, quelques mots pour évoquer bien sûr l'auteure et la saga Twilight. Beaucoup comme moi ont aimé Twilight (oui, oui...), beaucoup ont aimé le roman (si, si...) et attendaient donc ce nouveau film avec impatience. Forcément, il est facile de faire le raccourci entre la saga et ce nouveau livre/film : le trio, un monde parallèle et l’amour qui est omniprésent. Mais pourtant "Les Ames vagabondes" est définitivement un film bien à part même si certains vont se régaler de certains passages. On aime ou pas... Certains aiment les clichés bien fait, (oui j'aime les baisers sous la pluie...) D'autres pas... Certains qui n'iront pas plus loin que ce qu'ils pensent voir, diront c'est un scandaleux copier/coller mais franchement on demande vraiment à certains réalisateurs ou auteurs de faire autre chose que ce que l'on a aimé d'eux?  On ne demande pas à Tim Burton de faire autre chose que du Tim Burton (un exemple parmi d'autres), Stephenie Meyer et Andrew Niccol offrent un bon divertissement et une vision d'un monde où l'amour prime, quel mal à ça? Une chose est sûre, les fans de Twilight vont sûrement aimer "Les Âmes vagabondes"... Plus que "Sublimes Créatures" en tout cas...


En quelques mots : Adaptation plutôt fidèle mais qui aurait mérité d'explorer un peu plus quelques passages. Casting, mise en scène et mise en image des âmes réussies. Ne pas prendre ce film pour plus que ce qu'il n'est : un divertissement.



Merci Z. et Metropolitan pour la découverte en avant-première, j'irais le revoir avec plaisir dès mercredi !


"La âmes vagabondes" est adapté du roman éponyme de Stephenie Meyer.


P'tites infos + (source): 

Nick Wechsler
Le producteur du film, Nick Wechsler, est surtout connu pour les adaptations de "Requiem for a Dream" de Darren Aronofsky, "Hors du temps" de Robert Schwentke et "La Route" de John Hillcoat.

Répétez après moi
Vous vous demandez toujours comment il faut prononcer le prénom de l'actrice principale, Saoirse Ronan ? Il s'agit d'un prénom d'origine irlandaise qui signifie "liberté" et qu'il convient donc de prononcer "Sir-Sha". Vous pouvez maintenant briller en société, vous ne bafouillerez plus son nom.

Eva Green et Claire Danes sollicitées
Les actrices Eva Green et Claire Danes ont été sollicitées pour le rôle de La Traqueuse, qu'elles ont toutes les deux décliné. C'est finalement Diane Kruger qui incarne ce personnage.

"The Host" ou "Les Âmes Vagabondes"?
Le film sortira en France sous le nom Les Âmes Vagabondes, le titre original -The Host- pouvant prêter à confusion avec un autre film s'appelant The Host en France, réalisé par Joon-ho Bong. Vagabonde est également le nom de l'entité qui contrôle le corps de Mélanie (Saoirse Ronan).

Retrouvailles
La jeune et talentueuse Saoirse Ronan retrouve pour la seconde fois Jake Abel après Lovely Bones de Peter Jackson tourné en 2009.

Panoramas stupéfiants
L'univers du film possède sa propre esthétique. Bien que Les Âmes Vagabondes soit avant tout un film de science-fiction, tout n'a pas été créé en studio. Le film a été tourné en Louisiane et au Nouveau-Mexique pour ses paysages incroyables. Le réalisateur commente : "C’est le roman de Stephenie qui m’a inspiré le style visuel du film. Bien que l’histoire se déroule dans le futur, je ne voulais pas que l’informatique prenne le dessus. Nous nous sommes directement inspirés de la philosophie des Âmes pour concevoir leur univers ; ils ne transforment pas notre monde, ils l’étudient et le perfectionnent."

Bon équilibre entre les mots et les images
Stephenie Meyer déclare au sujet de sa collaboration avec le scénariste et réalisateur Andrew Niccol : "Il envisage les choses de manière visuelle, tandis que moi j’aime avant tout me plonger dans les mots et creuser les relations entre les personnages. Andrew s’est concentré sur l’univers physique du film, auquel il a apporté des éléments que je n’avais pas envisagés. Je m’en suis voulu parce qu’il a pensé à certaines choses bien plus intéressantes que ce que j’avais fait !"

L'origine des âmes
Stephenie Meyer a eu l'idée de ce nouveau roman en traversant le désert qui s'étend de Phoenix à Salt Lake City aux États-Unis. Elle explique : "J’ai eu l’idée de faire cohabiter deux personnalités dans un même corps. Elles sont amoureuses de deux personnes différentes, ce qui crée un important conflit entre elles. J’aime les relations compliquées car elles sont toujours passionnantes à analyser". Pour Les Âmes Vagabondes, la romancière a voulu raconter une histoire d'amour plus mature que dans la Trilogie Twilight.

Andrew Niccol anticipe
Voir Andrew Niccol à la tête des Âmes Vagabondes n'est pas étonnant au vu de la filmographie du Monsieur. En effet, le cinéaste est un passionné d'anticipation ; en ce sens, on lui doit l'acclamé Bienvenue à Gattaca, le scénario deThe Truman Show ou le récent Time Out. Les Âmes Vagabondes s'inscrit donc dans la continuité de l’œuvre du metteur en scène.

samedi 13 avril 2013

[Cinéma] "Cloud Atlas" de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer




"Cloud Atlas" de Lana Wachowski, Andy Wachowski et Tom Tykwer
Chez Warner Bros

En quelques mots : 6 histoires, 6 époques, 6 destins…

  • En deux mots : karma & choix
  • En une question :  La réponse est-elle plus important que la question ?


 SPOILER MINIMUM

Merci Allociné et son club 300 pour cette découverte en avant-première !

Il y a des films où mettre de mots dessus est presque mission impossible. Voici quelques semaines que j'ai pourtant vu "Cloud Atlas" et j'ai toujours l'impression de ne pas pouvoir en parler correctement...
Je pense que c'est finalement parce que c'est un film qui se vit comme une expérience unique que chacun lit à sa manière... Un film qui traverse le spectateur comme il défile et qui s'analyse, se digère avec le temps. C'est un film émotion et pensées qui ne peut suffir à des mots...Et pourtant l'envie d'en parler demeure pour ne pas passer à côté...

« Cloud Atlas » est le fruit de 3 réalisateurs : Lana Wachowski, Andy Wachowski (Matrix) et Tom Tykwer (Le Parfum) qui ont eu la bonne idée d’adapté le roman de David Mitchell « La cartographie des nuages ». Un film, 3 réalisateurs, 6 acteurs, 6 époques : de 1849 à 2300, 6 destins mais une seule histoire, avec autant de messages que l’on veut bien y voir.

« Cloud  Atlas » est une très belle adaptation que l’on peut découvrir facilement sans avoir lu le livre ou que l’on peut voir avec plaisir avec tous les rouages de l’histoire en tête.

Une histoire dense de 2h47 qui prend une ampleur insoupçonnée, au départ. Un film de 2h47 qui passe à toute vitesse lorsque la ligne directrice de l’histoire se devine. On passe quelques minutes à comprendre où l’on va, à s’aclimater à la gymnastique que nous impose l’histoire d’alterner le temps, les personnages et les époques. Juste le temps de faire le lien et là le rythme s’accèlere on passe quelque seconde à remettre les pièces en place. On passe quelques secondes à reconnaître les personnages et les liens entre eux. Mais on passe quelque seconde à avoir la nausée aussi. Parce que Cloud Atlas c’est aussi la dénonciation des générations qui subissent les idéaux de quelques uns. L’esclavage, la soumission et le non dit qui fait finalement face à la révolte, la révélation et la volonté de quelques uns de faire changer les choses.

Un film où l’on change d’époque comme on change d’univers. Tantôt film historique, tantôt comédie, tantôt série B  mais aussi SF et futuriste. Cloud Atlas alterne les univers avec une facilité déconcertante. Sans jamais être dominante par l’un des réalisateurs. Je serais bien en peine de dire qui a réalisé quelle partie. Une alternance en équilibre…

Visuellement « Cloud Atlas » est époustouflant ! Je suis très souvent en admiration des plans offerts, des maquillages et des effets visuels qui défilent devant moi. Chaque personnage suivant sa ligne de karma et son propre look. Hugh Grant est impressionnant, interprétant des personnages sombres et inquiétant. Bluffant. Tom Hanks retrouve enfin l’aura de ses précedants films et Jim Sturgess se révèle épatant surtout dans la période Neo Seoul. Jim Broadbent est drôle à souhait, mais sait aussi, de manière plutôt inattendue se faire charmant. Hugo Weaving tient encore une fois le rôle du méchant et franchement des scènes de Matrix ne peuvent que nous revenir en tête. Ben Wishaw est bouleversant en musicien compositeur maudit et délicat...

Alors certes Cloud Atlas peut paraître ardu ou facile selon les détracteurs, mais il est pour moi la parfaite mise en image du roman et surtout le film qui pourrait bien prendre le relai de Matrix et de ce qu'était pour moi son message : "la volonté et le libre arbitre est le seul choix possible pour un monde en équilibre." L’héroïsme de quelques hommes qui pour la liberté de tous vont se sacrifier.

Un film sur la destinée et le karma au travers des personnages qui traversent le temps. Imprégnés de différents niveaux de lectures comme a pu l’être le premier Matrix. Une image lancinante ne vous quittera pas lorsque l’abatoir se révèle.

Un film qui mêle aussi grand amour et humanité dans toute sa beauté et son horreur. Une fresque qui met en avant la destinée, la réincarnation, le karma, la redemption, la révolte, la transmission, l’effet papillon, mais aussi et peut-être surtout l’âme sœur que l’on retrouve de vie en vie. Ce qui n'est pas sans me rappeler aussi "The Foutain" avec Hugh Jackman. 

"Cloud Atlas" c'est une musique, une partition, une chemin de vie, un plan, un destin…

Une oeuvre ambitieuse et généreuse à découvrir, à vivre sur BO envoûtante !
J'ai hâte de le revoir en DVD le 13 juillet 2013 !



En bref :“ Visuellement époustouflant. Casting idéal. Une expérience à lui seul. Des vies et des destins qui ne sont qu'un. Un éveil qui trouble ou déçoit ”


Morceaux choisis / Citations :

« Vous devrez faire ce que vous ne pouvez pas ne pas faire. »
« La vie ne nous appartient pas. De la matrice à la tombe. »


"Cloud Atlas" est donc l'adaptation du roman de David Mitchell "La cartographie des nuages"
Broché: 713 pages
Editeur : Points

Billet lecture à venir.




P'tites infos + (source): 


D'un film à l'autre
C'est Natalie Portman qui, lors du tournage de V pour Vendetta, a donné un exemplaire du roman de David Mitchell àLana Wachowski ! On connaît la suite...

Indicateur phénoménologique [SPOILERS]


Les réalisateurs ont choisi de garder l'élément caractéristique de la comète, qui, dans le roman, indique quels personnages sont liés à la même âme, en en modifiant la signification : "Cette tache de naissance engendre des résonances entre les personnages qui en sont porteurs : par exemple, un individu peut marquer son époque par une création personnelle, puis un autre, quelques générations plus tard, pourra s’en inspirer", révèle Tom Tykwer. "La comète est (...) devenue une manifestation phénoménologique. Sa marque symbolise, chez celui qui la porte, l’opportunité de changer les choses", ajoute Lana Wachowski.


Envergure de l'adaptation [SPOILERS]


En correspondance à la diversité des styles adoptés dans le roman, avec des variations à chaque chapitre, les trois cinéastes ont opté pour une variation des genres : science-fiction, romance, thriller, etc. Il a aussi fallu adapter la structure globale du récit. Dans le livre, chaque récit est interrompu lorsqu'il atteint son paroxysme, à mi-parcours :"Nous savions que nous ne pouvions pas adopter cette structure narrative pour un film. Cela nous a fait réfléchir aux manières de repousser les limites de la narration cinématographique standard", explique Lana Wachowski. Aussi, les trois metteurs en scène ont travaillé d'arrache-pied pour mettre en place cette "mosaïque", en réalisant des fiches extrêmement précises sur chaque personnage du roman, afin d'aboutir à une histoire cohérente malgré son extrême complexité. Dans le film, les six intrigues démarrent en même temps, puis on les suit une par une en alternance.
  L'importance des maquillages et des costumes


Les chefs costumiers Kym Barrett et Pierre-Yves Gayraud, qui avaient collaboré à Matrix, ont réalisé un travail de titan, en étroite collaboration avec les chefs coiffeurs et maquilleurs Jeremy Woodhead et Daniel Parker, pour rajeunir, vieillir, travestir les acteurs au gré des personnages.


Réalisateur-compositeur


Tom Tykwer est à la fois co-réalisateur du film et co-compositeur de la musique de Cloud Atlas. Il a écrit la musique, avec Johnny Klimek et Reinhold Heil, en amont du film, plusieurs mois avant le début du tournage, fait assez rare. Ainsi, toute l'équipe du film a pu s'inspirer de la musique lors de la réalisation. La symphonie qui constitue la musique a par ailleurs une vraie existence diégétique, puisque c'est l'un des personnages qui la compose dans l'un des récits.