lundi 3 octobre 2011

Cinema : "La guerre des boutons" de Yann Samuell

Problème de téléphone du coup j'ai pas mon affiche ;(

En quelques mots : 1960, les villages de Velrand et de Longeverne se livrent depuis toujours une "guerre" de territoire. De génération en génération, de chef en chef, les enfants se donnent chaque jour des rendez-vous après l'école et se livrent à des batailles, à coups d'épées de bois et de lance-pierre. Que va donner cette nouvelle génération menée par Lebrac et l'Astec ?
  • en 2 mots : enfance & héritage
  • en 1 question : Et si le changement apportait la victoire ?

Deuxième adaptation sortie cette année, cette version de Yann Samuell (Jeux d'enfants, l'âge de raison...) m'a fait un bien fou, après la version malheureusement décevante, à mon goût, de Christophe Barratier.

Même si tout autant éloignée que la version d'Yves Robert, on oublie rapidement les automatismes attendus. Un film sur l'héritage des valeurs, des us et coutumes, sur les souvenirs d'enfance, le charme et la proximité des villages de campagnes. Un film sur les enfants qui ont comme terrain de jeu, la nature et tout ce qui les entoure, simplement. Et bien sûr, la mise en avant, des chefs de clans qui mènent leurs troupes à coup de stratégies et d'idées nouvelles. Là où Yann Samuell fait mouche et où c'est un vrai régal c'est la mise en place d'un duel qui continue entre professeurs des villages opposés ! Eric Elmosnio et Alain Chabat sont épatants !

Un film pleins de répliques percutantes où l'on sent bien la patte de Yann Samuell, comme ce "même pas peur" de Lebrac qui n'est pas sans rappeler le "Cap/pas cap" de "Jeux d'enfants". Une réplique également qui m'a marqué de suite, l'Astec qui lance : "On va les enterrer vivants avec un A majuscule", Yann Samuell adepte de Loft Story??? ou Bacaillé "J'en ai marre d'avoir une gueule de tartine, je tombe toujours du mauvais côté." Evidement sans oublier P'tit Gibus qui est vraiment très attachant (et qui ici ressemble un minimum à son frère) aux répliques inédites et franchement drôles. 
Grand Gibus - "A trois on y va" 
P'tit Gibus - "Mais on est que deux?"

J'en ai déjà beaucoup dit, mais vraiment les changements de Yann Samuell, sont plutôt bien trouvés, imaginatifs et opportuns. Une belle petite surprise également dans la relation de Lebrac et sa petite voisine... Une vraie surprise qui m'a bien plu (mais sûrement parce que je suis une fille ^^).

A noter tout de même quelques bizarreries qui m'ont un peu gênées... Une danse rock entre voisin et où on jète tout par les fenêtres... pas compris le but?... 
Les enfants qui dessinent une fresque à la craie autour de Lebrac ? vraiment ? 
Un Lebrac qui attend son bus dans la cour de l'école, seul, sans sa mère ?
Une fin un peu rapide et qui m'a finalement un peu déroutée et aussi déçue. 

Mais bon ce sont des détails, le film fonctionne vraiment bien et je le recommande facilement à tous ceux qui ont su garder leurs âmes d'enfants ;) même si on est clairement dans une nouvelle génération de la "Guerre des Boutons" !

Donc, un film frais et divertissant aux répliques parfois vraiment bien trouvées ! Un joli casting et des enfants attachants. Et une ambiance qui peut être digne de l'héritage de la version d'Yves Robert .


Mon avis sur "La nouvelle guerre des boutons" ici

Rappel : Petit clin d'oeil "La guerre des boutons" d'Yves Robert, c'était il y a 50 ans... Anniversaire qui a d'ailleurs donné lieu a de jolies retrouvailles le 23 septembre dernier (infos ici et ici)

dimanche 2 octobre 2011

[DVD] : "Reviens moi" de Joe Wright


En quelques mots : Les années 30, province anglaise,  la jeune Briony, 13 ans,  passe ses journées à écrire des livres, des poèmes ou des pièces de théâtre.  Sa grande soeur Cécilia vit les premiers instants d'un amour passionné avec Robbie, le fils de la domestique. Malheureusement Briony va les surprendre dans les bras l'un de l'autre. Amoureuse de Robbie et du haut de ses 13 ans, sa jalousie va marquer à jamais la vie du jeune homme... Et la sienne... 
  • en 2 mots : jalousie & mensonge
  • en 1 question :  La révélation d'un mensonge implique t'il le pardon  ?

Sortie début 2008 en France "Reviens moi", réalisé par Joe Wright, est une adaptation du roman de Ian McEwan "Expiation" qui pointe du doigt l'impact du mensonge sur la vie de 3 personnages principaux.


Film déroutant, sur un mensonge d'enfant qui brise la vie d'un homme, d'un couple et d'une famille. Il met en avant le poids du mensonge et nous raconte le long et pénible chemin de la révélation et des chemins détournés qu'elle prend... "Je dis",  "je raconte mais je donne ma vérité", "je dis et donne finalement ma vérité, LA vérité".

Le casting est excellent, Keira Knightley (dont c'est d'ailleurs la 2ème collaboration avec après "Orgueils et Préjugés") incarne parfaitement Cécilia, jeune fille sincère et passionnée. James McAvoy est un Robbie convaincant, aussi bien dans ses forces que ses faiblesses. Mais je dois dire que Briony,
Saoirse Ronan y est époustouflante et parfois carrément flippante. Parfaite tête à claque, elle domine le film et lui insuffle un vent glacial...

Malheureusement l'histoire peine à démarrer... Le rythme est lent, bien trop lent. Même si chargés de poésie, certains plans allourdissent parfois le film, jusqu'à l'ennui. Cependant, il garde une jolie originalité de part, les différents points de vue qui s'alternent comme un rembobinage de scène et donnant à chaque fois un nouvel angle à l'histoire. Jusqu'au rembobinage final...

Un film qui finalement repose sur les 10 dernières minutes, il faut tenir le coup d'ici là...


Un film que l'on trouve, au départ,  lent et un peu compliqué, avec rythme un peu perturbant, mais les 10 dernières minutes le rendent finalement épatant! 


Bonus : A découvrir dans les bonus du DVD "du roman au film"  (Durée : 4mn)


Clin d'oeil : source
L'homme qui interviewe Briony-Vanessa Redgrave à la fin du film n'est pas un inconnu, même s'il ne s'agit ni d'un comédien ni d'un journaliste... C'est Anthony Minghella, le réalisateur entre autres du Patient anglais.
 
A découvrir donc le livre "Atonement" ou "Expiation" (en VF) de Ian McEwan sortie en 2011

samedi 1 octobre 2011

Cinéma : "La nouvelle guerre des boutons" de Christophe Barratier


En quelques mots : 1944, les enfants, des villages de Velrand et de Longeverne, menés par leur chef de bande Lebrac et l'Astec, se livrent une guerre de territoire, à coups d'épées de bois et de lance-pierre et de coups de gueule....
  • en 2 mots : enfance & batailles
  • en 1 question : et si la guerre pouvait rapprocher des ennemis ?

Né du roman de Louis Pergaud, déjà adapté au cinéma en 1961 par Yves Robert, cette une nouvelle version, une nouvelle adaptation que nous livre Christophe Barratier... Ben, il aurait p'tete pas dû...

Rien que sur le titre d'ailleurs, que je ne trouve pas du tout justifié ici.... Annoncé clairement comme une adaptation libre, ils auraient pu déjà changer le titre. La guerre des enfants et des boutons sont bien loin de ce qui nous reste en tête lorsque le générique de fin défile sur l'écran. J'aurais plutôt dit "La guerre des enfants" ou carrément "Longeverne contre Velrand"...

Complètement ou quasi à l'opposé des valeurs des ressentis exprimés dans la version d'Yves Robert, et dans une autre temporalité, 1912 fait face à 1944, on doit rapidement fait abstraction de la première version si l'on ne veut pas être encore plus déçue de cette version.

Malheureusement vous l'aurez compris, je n'ai pas beaucoup de bien à dire cette nouvelle adaptation 2011. Mise à part une très belle image et qualité photo. Mais de superbes paysages et des plans audacieux n'arrivent pas à nous faire oublier, tout ce qui faisait le charme aussi de la version 1961. (simplicité et sincérité). Les personnages font ce qu'ils peuvent pour se dépatouiller d'une histoire un peu brouillon... On ne s'attache pas autant à ce Lebrac version 1944, même si le jeu de Jean Texier est plutôt bon et ses regards très expressifs, (un petit talent à suivre). Les frères Gibus ne se ressemblent pas du tout... Petit Gibus à quelques répliques et mimiques rigolotes, mais on est bien loin du talent de Martin Martigue, même si Clément Godefroy reste assez attachant.

Finalement, on s'interroge d'avantage sur la relation du maitre d'école (Guillaume Canet) et Simone (Laetitia Casta) et sur le réseau de résistants... Comme si on s'était trompé d'histoire...

On reste bien sur les grosses lignes du roman, les noms des enfants (Lebrac, p'tit Gibus, la Crique, Bacaillé...), la guerre de villages, deux chefs de camp, un Lebrac rebelle et qui tombe amoureux, des batailles, des boutons, une cabane, une trahison, un prof attaché à l'insoumission de Lebrac, mais c'est à peu près tout. N'attendez aucune des répliques cultes, elles ne sont pas là, l'autorisation d'utilisation n'a pas été accordée. On aura juste des "attendez moi les gars", des "j'aurai" et "j'y dis que" mais c'est tout...

Bémol également pour moi, le complet décalage entre la musique et le film. On a carrément droit à la "grande musique à l'américaine", digne des grandes productions américaines. Juste envie de dire "euh pourquoi faire?".

Bref, je suis, sûrement, bien trop attachée à la première "Guerre des boutons", mais c'est un vrai sentiment d'arnaque, quelle déception... Je n'aurais pas été autant déçue si tout simplement le film avait porté un autre nom. Même si j'ai tenté à plusieurs reprises de me dire, "oublie la première version, n'attends pas des scène qui n'arriveront pas". Il est impossible d'adhérer autant à cette histoire... La justification de l'histoire semblant être donné à la va vite... Les adultes ont une part presque plus importante que les enfants, les horreurs et les dénonciations de la seconde guerre mondiale, prenant le pas sur ces enfants qui se livrait en 1961 une guerre pour presque se passer le temps...

Et une fin scandaleuse ! Complètement bâclée, par une phrase qui clôture le film comme si on faisait face à une histoire vraie... euh...


Donc, pour moi, un film pour ceux qui nous pas vu la version d'Yves Robert et qui souhaite passer un moment ciné avec leurs enfants tout en leur montrant une partie de l'histoire de France...


PS : Un film qui me donne juste l'envie de vous dire aller voir la version d'Yves Robert qui sera de nouveau dans les salles le 12 octobre ! (source)
Du coup j'hésite à aller voir la version de Yann Samuells, mais bon pour comparer il faut regarder...

Un film qui m'a aussi, pour le coup, donné envie de savoir ce qu'était devenus les acteurs de la première adaptation.
Ptit Gibus est désormais artiste peintre source
Lebrac vit en Normandie source
Il n'y a finalement que les adultes qui ont continué à jouer les acteurs :)

Petit clin d'oeil "La guerre des boutons" d'Yves Robert, c'était il y a 50 ans... Anniversaire qui a d'ailleurs donné lieu a de jolies retrouvailles le 23 septembre dernier (infos ici et ici)

Livre - "Les anges déçus" de Catherine Locandro



"Les Anges déçus" de Catherine Locandro
Editions Héloïse d'Ormesson

En quelques mots : Nathan souhaite mourir, mais ne souhaite pas le faire seul. Gabriel est l'assistant d'un tueur à gage. Angèle est secrète et solitaire, sans attache , elle vit seule d'hôtel en hôtel. Fuyant chacun à leur façon leur passé...

  • en 2 mots : mystère & choix
  • en 1 question : peut-on maîtriser sa propre mort ?

3ème roman de Catherine Locandro, sorti en 2007, "Les anges décus" est un livre que j'ai découvert par hasard (comme souvent), au détour des rayons d'une bibliothèque. Son format d'abord ma intrigué, petit et fin... Son titre ensuite, puis son visuel.
Un livre noir, écrit comme un vieux polar ciné. Catherine Locandro, écrivain et scénariste nous plonge de suite dans une atmosphère, une ambiance à la fois calme et opprésante. On a des les premières pages,  l'impression que ce livre est écrit comme un scénario, on attrape les personnages comme à la volée. On est intrigué, on veut vite en savoir plus. La mise en page est fluide et l'histoire de ces 3 personnages défilent de leurs points de vue. Un roman qui repose sur une curiosité  un peu malsaine, on sent que ce ne devrait pas voir, pas lire ça, mais on continue malgré tout (certes c'est le principe des romans noirs ^^).

Des images fortes, des rebondissements, des révélations... Des personnages mystérieux qui jouent leurs vies en demi-teinte ou intensément... La violence fait partie de leur quotidien tout en révélant leurs fragilités.
Un petit livre pour une  histoire forte, un focus, un zoom sur 3 personnages, qui se cherchent, se croisent, parfois sans le savoir.
Malgré une violence permanente, l'écriture reste poétique et les rebondissements intéressants et inattendus, jusqu'au choc final.

Morceaux choisis : 
"Il pensait maintenant à cette époque comme on pense à une vie antérieure dont on sait l'existence sans en avoir la preuve visible. Il était un autre homme. Sa vie d'avant s'étaient arrêté le jour où il avait de n'être plus rien."
"On aime toujours plus celui qui a le pouvoir de vous déchirer le coeur"
"Il se dit alors qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir une réelle admiration pour ces gens simples, qui ne pensaient jamais à être ailleurs qu'à la place où ils se trouvaient."
note 8/10
Un livre qui nous rappelle la noiceur du monde et l'impact que peut avoir les événements sur sa vie et celle des autres. Un livre qui peut rendre la violence fragile...

NB : Un livre pas encore adapté au ciné mais Arnaud Laporte-Fontaine semble y travailler depuis 2009 source 

Livre - "Toi et moi à jamais" de Ann Brashares


"Toi et moi à jamais" de Ann Brashares
Editions Gallimard-Jeunesse


En quelques mots : Paul, Alice et sa soeur Riley passent un nouvel été à Fire Island. Depuis leurs plus tendres enfances, ils partagent leurs vacances d'été avec Paul, le voisin... Cet été, Paul revient sur île, après 2 ans d'absence... Ils ont grandit, chacun à leur façon... Un été qui va les changer à jamais...
  • en 2 mots : lien & évidence
  • en 1 question : et si les souvenirs étaient un frein au futur ?

Un livre que j'ai dévoré en deux jours, tellement pressé de savoir la suite... Tellement touchée par Riley, Alice et Paul.

Un peu long à démarrer, l'histoire se met doucement en place, comme ses personnages qui se retrouvent et retrouvent leurs marques et leurs habitudes. Dès les premières pages, on a comme un sentiment de malaise, sans bien savoir pourquoi. Un des personnages prenant toute la place comme si il allait manquer ensuite.

Dès les premières pages, on devine rapidement que l'ile de Fire Island représente la frontière entre la vie "normale" et la vie préservée de leurs enfances, l'abri de leurs meilleurs et plus beaux souvenirs. Ce nouvel été, effaçant peu à peu cette subtile frontière invisible.

Vrai plus, l'auteure nous fait le plaisir d'alterner les points de vue des trois personnages principaux avec force de détails et de description des émotions de chacun. Des émotions décrites en finesse, à coup de métaphores nous impliquant encore un peu plus dans l'histoire... Un livre plein d'images, de message caché, de sous-entendu. Des émotions qui peuvent aussi facilement trouver un écho, une résonnance en nous... Ann Brashares sait parfaitement nous attacher à ses personnages, à ce trio pour différentes raisons...

Même si les émotions sont extrêmement bien décrites, l'histoire se s'en retrouve pas ralentie, bien au contraire, elle se déroule à un rythme régulier. On découvre subtilement, en douceur, les sentiments de chacun, pour une fois, pas de secret, nous sommes véritablement dans la tête de ses personnages, qui du coup ne peuvent presque rien nous cacher.
Bien que toujours dans l'action et dans certaines évidences, l'auteure sait habillement nous surprendre. Les révélations et la sincérité de chacun s'exprimant parfois au moment les plus inattendus...

Une belle histoire sur la fragilité de l'amour et des liens du cœur qui nous aident et nous portent mais qui peuvent parfois nous empêcher d'avancer...

Morceaux choisis : 

"Elle connaissait l'angoisse d'être laissée derrière, mais elle avait aussi peur de passer devant."
"mais il n'est pas un instant de la vie qui ne soit susceptible d'être réécrit et transformé par le temps, pas un bonheur, même le plus intense, qui ne risque de causer votre perte quelques heures plus tard."

"Soudain l'avenir se déployait devant eux, sans prévenir. Il avait l'impression de vivre dans le passé, le présent, le futur en même temps."
"Laisse moi t'aimer, mais ne m'aime pas en retour. Aime moi et laisse moi te haïr quelques fois. Laisse moi l'illusion de contrôler les choses, parce que je sais bien que tout m'échappe".

"Des choses qu'on ne peut imaginer, et pourant quand elles arrivent, on sait qu'elles étaient inévitables."

"Elle sentit s'opérer en elle et autour d'elle un changement douloureux. Le vent charriait du sable, comme si le monde se réagençait pour s'accommoder à la nouvelle."
note 9/10
Une très jolie histoire d'amour au sens large mettant en avant les liens familliaux, amicaux et  amoureux.
Un livre sur la nécéssité d'avancer et de tenter de vivre autant que possible, et avec sincérité, dans l'instant présent,  avec les racines du passé et les rêves du futur.
Encore un livre que je verrais bien adapté au cinéma :)


A découvrir aussi mon avis sur son dernier roman => "L'Amour dure plus qu'une vie"