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lundi 30 novembre 2015

[Livre] "Les ennemis de la vie ordinaire" de Héléna Marienské


«Les ennemis de la vie ordinaire» de Héléna Marienské
Chez Flammarion

En quelques mots : L'un boit, l'autre skiff, le troisième fornique à corps perdu. Les autres ne sont pas en reste. Tous sont addicts et se trouvent embarqués dans une thérapie de groupe d'un nouveau genre. Ils y trouveront ce qui n'était pas prévu : la polyaddiction. Ca secoue. Mais pas seulement : car ces ennemis de la vie ordinaire vont aussi découvrir dans le groupe l'entraide, l'amitié, et l'amour, le bel amour. 

  • En deux mots : addiction & partage 
  • En une question : Une addiction partagée sort-elle de la solitude?


SPOILER MINIMUM

« Les ennemis de la vie ordinaire» de Héléna Marienské est un livre que j’ai pu découvrir via l’opération Masse Critique de Babelio (Merci !). Il n'est pas encore prévu en adaptation à ma connaissance, mais son pitch m'a fait penser à un autre roman que j'avais adoré "Vous descendez?" de Nick Hornby (mon avis ici).

"Les ennemis de la vie ordinaire" nous raconte l'histoire d'êtres en marge de ce que l'on appelle la norme et l'équilibre d'une vie que l'on dit "normale". Des hommes, des femmes, déséquilibrés par leurs addictions comme le sexe, le jeu, le sport, la drogue, le shopping, l'alcool, ils se retrouvent un jour réuni par une thérapeute qui pense que les réunir peut leurs permettre de se comprendre et de se resocialiser. Mais la vie moderne n'est pas un conte de fée…

Dans un style fluide, drôle et parfois vraiment cru, "les ennemis de la vie ordinaire" se compose de chapitres mettant un des personnages principaux au coeur du récit, tantôt l'on suit Mariette et son addiction aux drogues, tantôt l'on suit Jean-Michel accro au sport au point de se détruire physiquement en allant au bout de ses limites, puis l'on suit Pablo et son addiction maladive au sexe, Gunter et sa passion du poker ou encore Mylène accro au shopping et Elisabeth qui ne peut vivre depuis des années sans sa dose d'alcool journalière…

En voulant rapprocher des êtres souffrant d'addiction, Clarisse, la psychologue, est loin de se douter que loin de les adoucir elles vont faire naitre une solidarité inattendue. Et nous faire redécouvrir que finalement l'aide vient toujours de l'extérieur mais aussi de soi-même.

Héléna Marienské maitrise parfaitement la mise en avant de chacun de ses personnages en nous les rendant à la fois touchant et attendrissant malgré leurs vices.

Un titre parfait pour un récit émouvant qui prouve que ces ennemis de la vie ordinaire sont des êtres qui cachent tous quelque chose de profond et sensible et qui sont peut-être finalement bien plus solide que l'on ne pense. Il rappelle également que les attachements peuvent prendre des formes très différentes et que parfois aller au bout des choses permet de se révéler complètement et vivre pleinement. Le temps que cela dure au moins... Un récit complètement immoral qui donne le sourire et qui bien que sombre met en lumière l'être humain et ses forces par ses faiblesses...

En bref : Un conte moderne plutôt irrévérencieux et immoral mais attendrissant. Qu'importe l'addiction tant que l'on ne fait pas de mal aux autres et que l'on est heureux...


Morceaux choisis / Citations :
"Tout deux vous confondez "être" et "avoir". Ce n'est pas parce que vous n'avez plus rien que vous n'êtes plus rien."

[Livre] "Tourner la page" de Audur Jónsdóttir


«Tourner la page» de Audur Jónsdóttir
Chez Flammarion

En quelques mots : Un beau matin, Eyja se réveille dans un petit village de pêcheurs islandais, mariée à un ivrogne de vingt ans son aîné. Si ce dernier empoisonne son quotidien, elle ne parvient pourtant pas à s'en détacher. Mais sa grand-mère, déterminée à la bousculer, lui offre un nouveau départ et l'envoie rejoindre sa cousine, l'audacieuse Runa, en Suède. Il est temps que la jeune femme tourne la page. Là-bas, parviendra-t-elle à écrire le roman auquel elle pense depuis des années ?

  • En deux mots : étape & choix 
  • En une question : est ce que décider de vivre pour soi c'est aussi vivre pour les autres ?


SPOILER MINIMUM

« Tourner la page» de Audur Jónsdóttir est un livre qui m’a attiré part son titre et sa couverture et j’ai pu le découvrir via l’opération Masse Critique de Babelio (Merci !), malheureusement le rendez-vous n'est pas du tout, cette fois, à la hauteur de mes espérances.

"Tourner la page" est une histoire familiale déroutante sur la mécanique de l'écriture, son inspiration et son rythme. Le personnage central était une jeune femme qui revient sur la source de son écriture : pourquoi? pour qui? quand?

Le fond est intéressant mais je me suis sentie complètement perdue dans ce roman, lourd, sans queue ni tête, qui passe de flash-back au moment présent sans bien savoir où nous sommes.

Le style sans fioritures est presque trop léger et simple… Comme ces diners ennuyeux qui durent des heures avec des gens avec qui vous n'avez RIEN en commun.
Exemple de ses phrases alambiquées : "Elle lui fait penser les autres dans l'espoir de les comprendre, souvent enrichissante, mais parfois si astreignante qu'elle n'a plus qu'une envie : disparaître."

Lourd, insipide, lent, sans lien entre les chapitre, les paragraphes sont ennuyeux et sans ordre chronologique, un récit un peu fou… Une traduction ratée et trop approximative? ou un récit un peu fou?

Définitivement déroutant et déplaisant au rythme trop décousu pour moi.

Point positif j'ai au moins découvert grâce à ce livre que la plupart des Islandais ne s'appellent usuellement que par leur prénom et que leur nom de famille se compose généralement du prénom du père suivi du suffixe -son pour les garçons ou -dottir pour les filles.

En bref : Une lente valse des sentiments où les mots se perdent par trop de lourdeurs et un rythme saccadé qui ne permet pas de s'attacher au personnage central. Un style bien particulier qui ne me correspond pas du tout mais qui comblera surement d'autre lecteur...


Morceaux choisis / Citations :

"Eyja ne pénétrerait dans le village d'avant l'avalanche qu'environ un an plus tard, lorsqu'elle comprit qu'une machine à écrire suffit pour remonter le temps."

"Mais alors, les mots sont si nombreux qu'ils s'enroulent les uns autour des autres, muets et vides."

"ils ne savent rien de l'univers, contrairement à Maman qui est si réaliste qu'elle veut sans cesse réaliser l'irréalisable."

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mardi 16 juin 2015

[Livre] "Nous" de David Nicholls



«Nous» de David Nicholls
Chez Belfond

En quelques mots : Biochimiste de 54 ans, Douglas Petersen voyait sa vie tracée : encore quelques années dans son labo suivies d'une paisible retraite auprès de Connie, sa femme artiste, dans leur maison londonienne vidée de leur fils Albie, que la vie aurait consacré grand photographe. Mais tout bascule le jour où Connie lui apprend brusquement qu'elle n'est plus certaine de l'aimer, l'esprit scientifique de Douglas est alors démuni.
Pathologiquement maladroit et réservé, Douglas va devoir montrer ce qu'il a dans le ventre, déployer toute son énergie pour reconquérir sa femme après vingt ans de mariage, tenter de tisser des liens avec cet inconnu bruyant et peu porté sur l'hygiène qu'est devenu son fils. Si les miracles sont possibles, c'est sur le Vieux Continent qu'ils se produiront. Les dernières vacances en famille ; le voyage d'une vie. Paris, Amsterdam, Munich, Venise, Sienne, Madrid, Barcelone… Douglas a tout préparé, chacune des villes visitées doit être l'occasion de réveiller les doux souvenirs de vingt ans de vie commune et raviver la flamme. Les hôtels sont réservés, les billets de train sont pris, le programme est plastifié. Qu'est ce qui pourrait mal tourner ?

  • En deux mots : couple & vie
  • En une question : Et si se séparer n'était pas se désaimer?


SPOILER MINIMUM

« Nous» de David Nicholls est un livre qui m’a attiré surtout pour son auteur. J'avais adoré "Un jour"  (mon avis ici) et quand j'ai vu qu'il faisait parti de l’opération Masse Critique de Babelio je me suis immédiatement inscrite (Merci Babelio!)

"Nous" est un gros pavé, 479 pages qui patine un peu à démarrer mais, tout comme son personnage, il se fait aimer au fil des pages… En effet, David Nicholls nous propose en 9 parties et de nombreux petits chapitres, qui allègent le récit, de découvrir plus de 20 ans de la vie de Douglas Petersen.

Douglas est un scientifique, il observe, il analyse, il prend les problèmes un par un, il étudie les mouches… Oui, il y a effectivement plus glamour… Un jour il rencontre Connie, pleine de vie, d'imprévus et de folie qui va tomber sous le charme de sa force tranquille et de son humour. Je dois dire que moi aussi j'aime beaucoup l'humour subtil de Douglas, Dougie, Doug, D. comme se plait à le surnommer sa soeur.

Lire "Nous" c'est partager la vie de Douglas, ses questionnements, ses souvenirs des événements les plus marquants qui ont ponctués sa vie. C'est suivre le fil rouge de son mariage tout au long de cet été et de ce dernier voyage en famille avec son fils de 17 ans, Albie et sa femme qui lui a annoncé qu'elle voulait divorcer. Douglas au travers d'un parcours culturel, artistique et humain à travers l'Europe va tenter de reconquérir sa femme et faire connaissance avec son fils. Mais tout ne se passe pas comme prévu…Son fils fugue avec une accordéoniste et sa femme rentre à Londres sans lui…

L'auteur nous offre un récit astucieusement rythmé, même si parfois un peu lent il se dynamise par de petites touches d'humour ici et là et quelques références de films qui agrémentes les propos (les 400 coups, Mad Max…).

"Nous" c'est finalement l'histoire d'un père qui se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui et qui va par jeu de flashback faire le point sur sa vie et tenter de reconstruire son foyer alors qu'il vole en éclat.  Un père qui alors qu'il souffre physiquement pour retrouver son fils, va se reconstruire moralement. 

Certains passages sont parfois plein d'émotions et de force sur des moments simples de la vie ou des événements plus durs. David Nicholls tout comme dans "Un jour" a définitivement l'art de la description. L'auteur par de subtils flash-backs nous offre une vraie réflexion sur le couple, sur le fait de devenir parents et sur l'avenir que peut appréhender un scientifique. Et puis je dois dire que certaines descriptions de musées ou de tableaux m'ont parfois poussé à les googliser. L'exercice est sympa je vous le conseille ;). Les oeuvres sont récapitulées en fin de livre.

Finalement, "Nous" peut être le "nous" de Douglas avec sa femme et son fils, mais il peut aussi être le "nous" de Douglas et du lecteur. Car Douglas est un homme touchant, tendre et maladroit que l'on découvre et qui nous séduit en douceur juste par ce qu'il est profondément et sans aucune esbroufe…


En bref :  Un voyage en Europe, un voyage au coeur d'un couple. Délicat et tendre on tourne les pages comme parfois on regarde la vie passer, entre sourire, tendresse, ennui et émotion.


Morceaux choisis / Citations : 


"C'est donc une famille réduite et quelque peu rabougrie que la mienne, et de temps en temps, j'ai l'impression que chacun de nous la juge trop petite et aimerait qu'il y ait quelqu'un d'autre pour absorber une partie de scouts durs."

"Mais depuis la chambre où il m'écoutait, nul doute qu'ill avait capté toutes mes paroles et aucune de mes intentions."

"C'est dommage, je trouve, parce que si toutes les notes sont les mêmes, je ne les perçois plus comme autrefois."

"Les débuts de n'importe quelle relation sont ponctués d'une série de première fois - première vision de l'autre, premiers mots, premiers rires, premier baiser, premier déshabillage, etc., tous ces jalons partagés s'espaçant et se banalisant à mesure que les jours, puis les années passent, jusqu'à ce que, pour finir, il ne reste plus que la première visite d'une quelconque site historique classé par le National Trust."

"La lumière se déplace différemment dans une pièce où se trouve une autre personne que vous. Elle se reflète , elle se réfracte, si bien que même lorsque Connie dormait ou gardait le silence, je savais qu'elle était là. J'aimais les preuves de sa présence passée et la promesse de son retour (…)."

"J'aimerais m'excuser pour le comportement de mon fils"

"- Douglas? J'apprécie ce que tu fais? Je trouve ça un peu fou, mais aussi… admirable. Je t'aime.
- On continue à se dire ces mots-là?
- Uniquement si on les pense.
- Dans ce cas je t'aime aussi."

"Albie a respiré lentement et pressé ma main en frottant mes jointures avec son pouce. Quel dommage, ai-je songé, de ne retrouver cette intimité qu'à un tel prix."




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mardi 25 mars 2014

[Livre] "Philomena" de Martin Sixsmith


«Philomena» de Martin Sixsmith
Chez Presse de la Cité

En quelques mots : Philomena c'est l'histoire d'une mère et d'un fils qui se sont cherchés toutes leurs vies. L'histoire d'un petit orphelin irlandais qui marquera l'histoire de l’Amérique républicaine. L'histoire d'une femme qui n'a pas su, pu, dire non.

  • En deux mots : adoption & destin
  • En une question : la quête de ses origines est un point de départ ou une arrivée ?


SPOILER MINIMUM

« Philomena» de Martin Sixsmith est un livre qui m’a attiré part son adapation au cinéma et que j’ai pu également découvrir via l’opération Masse Critique de Babelio (Merci !)

Adapté cette année au cinéma, j'ai découvert au fil des pages l'histoire de « Philomena» les larmes aux yeux.

« Philomena» c'est l'histoire d'une jeune adolescente qui va tomber enceinte en 1951 en Irlande et qui rejetée par les siens sera envoyée au couvent de Roscrea pour expier son péché et y faire adopter son enfant après l'avoir élevé pendant 3 ans. Croyante et dévouée, Philoména ne peut que subir les événements et va voir partir Anthony son fils de 3 ans avec une femme inconnue.

Lire "« Philomena»" c'est en fait découvrir surtout 'histoire d'Anthony... Anthony qui n'est pas orphelin et dont les souvenirs de cette enfance irlandaise n'aura de cesse de le hanter.

« Philomena» n'est pas une histoire classique et romancée, c'est une histoire vraie qui nous ai raconté sous la forme d'une enquête qui fait le lien entre les personnes et les événements. Une enquête mené par le journaliste Martin Sixsmith qui tire les larmes pour cette jeune femme qui ne se doute de presque rien et qui élèvera son enfant jusque c'est 3 ans... Et pour cet homme qui a cherché à se construire sans racine et qui a recherché sa mère biologique tout en faisant face à l'homophobie américaine dans le milieu américain des années 80. Une livre sur la quête du soi et du combat quasi quotidien pour être soi.

Mais « Philomena» c'est aussi surtout aussi l'histoire d'un homme qui a changé l'histoire de la politique américaine avec le rédécoupage électoral. Petit orphelin irlandais il cotoiera le président des états-unis et assumera rapidement son homosexualité dans un contexte difficile...

L'épilogue est un véritable déchirement mais il est rapidement un peu appaissé par les dernières rencontres de Philomena...

Le style est fluide et plaisant et on avance rapidement dans l'histoire de Philomena et Anthony tout en découvrant un pan de l'histoire politique américaine.

Pour finir, avec ce titre, je m'attendais à plus de Philomena mais finalement il y a beaucoup plus d'Anthony dans ce livre...

Et puis petit coup de coeur, le livre se termine sur une autre enquête... Je vous laisse découvrir laquelle mais elle m'a fait naitre un sourire sur les lèvres...


En bref : Une histoire bouleversante. Une enquête qui remonte le fil d'une vie. De deux vies. On tombe vite sous le charme d'Anthony, on partage son histoire, ses souffrances et ses manques. On  découvre également une partie de l'histoire irlandaise qui sous couvert de la religion séparait mère et fils. Construit comme une enquête on tourne les pages très rapidement et on tourne la dernière les larmes aux yeux mais le sourire un peu aux lèvres...


Morceaux choisis / Citations :
«Une infinie solitude creusait les traits de Philomena, solitude commune aux jeunes filles qui peuplaient par centaines le couvent de Roscrea et d'autres établissements similaires à travers toute l'Irlande : répudiées pour un péché qu'elles avaient commis presque sans le savoir, il s'agissait souvent d'enfants soumises à un châtiment implacable et adulte. »

« C'était cette heure, attendue avec impatience, qui permettait à la jeune mère de nouer avec son bébé des liens qui les hanteraient l'un et l'autre leur vie durant. On laissait l'amour éclore. Il eût été bien moins cruel de retirer les enfants à leurs mères après leur naissance. »

Mais rien n'y faisait . Philomena s'accablait de question sans réponse. Comment la rencontre inopinée, imprévue, de deux individus pouvait-elle avoir autant de conséquences dramatiques ? »

« Le monde entier semblait fondé sur l'arbitraire et le hasard. Si Anthony n'avait pas tiré la manche de l'inconnue, s'il ne l'avait pas embrassée, ce jour-là, tout aurait été différent... »

« Tu es comme un livre que personne n'aurait le droit d'ouvrir, même pas moi. »
«  c'est comme quand on entend une super chanson à la radio. D'abord, on arrivez plus à se la sortir de la tête, mais elle finit par s'estomper, et un beau jour on ne se souvient plus de l'air, seulement de ce qu'on a ressenti en l'écoutant. C'est ça que j'éprouve. »
«  La mort change tout. Elle change ce qu'on pense des gens ; elle transforme les morts autant que les vivants. »

« sans vouloir le reconnaître, il remplissait son existance de tumulte et de bruit afin de refouler toute pensée dérangeante. »

« De sa main livre, il se frotait le menton, l'air songeur, et quand la bandoulière retomba, Mike se retrouva face à face avec cet enfant qu'il connaissait sans le connaître, en ce lieu dont il se souvenait sans s'en souvenir, et qu'il avait mis tant de temps et d'ardeur à redécouvrir. »

« - ca va peut-être te sembler idiot, mais... j'ai l'impression que ma mère s'adresse à moi, qu'elle essaie de me contacter. Comme si elle connaissait mes pensées, depuis tout là-bas, et que moi, je conniassais les siennes, malgré la distance et les années... »

« Ronald n'était pas secrètement homophobe : il est secrètement tolérant ! »

« Le vin se boit par la bouche
L'amour se boit par les yeux ;
voilà tout ce que l'on saura
Avant de vieillir et mourir
Je porte mon verre à ma bouche,
je te regarde et je soupire. »
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samedi 15 mars 2014

[Livre] "Gibraltar" de Marc Fievet




« Gibraltar” de Marc Fievet Chez Michel Lafon


En quelques mots : Baroudeur et débrouillard Marc Fievet a eu plusieurs vies dont celle d'agent infiltré de la douane Française pendant 6 ans.  Et pourtant il semble que la douane française ai eu beaucoup de mal à s'en souvenir. C'est de sa prison que Marc nous raconte le parcours qui l'a mené de Gibraltar à une prison canadienne  pour trafic de drogue...


  • En deux mots : Trafic & Trahison 
  • En une question : Est ce qu'un choix en est vraiment un ?



SPOILER MINIMUM


« Gibraltar» de Marc Fievet est un livre qui m’a attiré part son adapation au cinéma et que j’ai pu découvrir via l’opération Masse Critique de Babelio (Merci !)

"Gibraltar" c'est l'histoire d'un homme qui a joué avec le feu et qui a perdu... Mais pas à cause de ceux que l'on croit... Pour le coup c'est les gentils qui l'ont laissé tomber... Marc Fauvet est un touche à tout, un homme d'affaires qui a connu plusieurs vies donc celle d'être un agent des douanes infiltrés à Gibraltar.

J'ai bien sûr été d'abord attiré par le fait que ce livre a été adapté au cinéma mais franchement je me suis surtout vite fait attraper par l'histoire, comme le héros, je me suis prise malgré mois au jeu du "voyons où cela me mène".

Dans un style fluide et bien construit, on suit son parcours de l'intérieur et ses propres étonnements d'une procédure française bien légère. Je m'étonne vraiment de certains passages. Naïve sûrement je suis...

Mais, il reste de fou de voir qu'un homme proposant ses services pour faire tomber des réseaux de drogue se retrouve finalement lui même en prison, abandonné par une hiérarchie qui oublie bien vite les services rendus...

Un livre qui se termine d'ailleurs sur des papiers officielles prouvant que tout cela est vrai.. Fou...

Sans être le grand thriller de l'année, il a le mérite de tenir éveillé et surtout de me faire prendre conscience que tout cela est bien opaque mais pourtant aussi très simple à la fois... La construction du livre et les réflexions sont vraiment bien trouvées et plutôt intelligentes et plutôt objectif. Fait de constat, l'auteur ne nous donne jamais vraiment des avis tranchés. Juste des étonnements et des faits.

Les chemins sont parfois inattendus, mais tout cela ne reste que des histoires de choix... Et je pense de karma. "tu trahis, tu risques d'être trahi à ton tour"...

J'ai hâte de voir ce que la réalisation de Julien Leclercq avec Gilles Lellouche dans le rôle de Marc peu donner. Mais je vous conseille vraiment de découvrir cette histoire incroyable qui est pourtant vrai...

En bref : Une histoire vraie d'un monsieur "tout le monde" infiltré dans le milieu du trafic de drogue à Gibraltar. Des rencontres, des choix et des trahisons qui poussent un homme à raconter son histoire dans un livre pour donner sa vérité. Un style dynamique,  fluide et agréable qui ne manque pas d'humour.



Morceaux choisis / Citations :

« Ma vie change de ca. On étale devant moi un champ de mines et je le contemple avec la certitude que je vais m'y hasarder. L'homme qui me fait face n'a rien d'un héros de bande dessinée ».
  « je n'ai pas le choix : mon avenir dépend de son présent et je pense qu'il ne risque pas grand-chose pour le minable trafic de cigarettes de contrebande dont je le soupçonne. »
  « Une rupture houleuse avec ma compagne me rejeta vers la France et, en septembre 1982, à trente-huit ans, je me retrouvais planté sur le Vieux-Port à Marseille avec la mer pour horizon et des souvenirs en guise de projet. »
 « Je me demande si la morale y trouve son compte mais c'est la seule facon d'y retrouver le mien. »
 « Neuf ans de cachot déjà.
Pour avoir trafiqué au nom de la loi.
C'est beaucoup. »


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mercredi 14 août 2013

[Livre] "Le livre de la vie" de Stuart Nadler




"Le livre de la vie" de Stephen Chbosky
Chez Albin Michel

En quelques mots : Sept personnages entre New York et Boston sont à une étape clé de leurs vies. Entre culpabilité, désir, tradition et modernité, famille et choix. 

  • En deux mots : Lien & Vie
  • En une question : Les épreuves de la vie nous aide ou nous freine ?

SPOILER MINIMUM


« Le livre de la vie » de Stuart Nadler est un livre qui m’a attiré par son titre et que j’ai pu découvrir via l’opération Masse Critique de Babelio (Merci !)

Découpé en sept nouvelles,  « le livre de la vie » présente sept personnages attachants qui ne se connaissent pas mais qui ont pour point commun d'être à un moment important de leurs vies et d’être juif. Aucun jugement, juste un constat. Je me demande d’ailleurs pourquoi l’avoir mis en avant. Car sincèrement, ces 7 personnages auraient pu être de n’importe quelle religion, mais soit, pourquoi pas après tout. :)

L’écrite est simple et fluide, parfois un peu ironique. Le rythme est parfois un peu lent et les ficelles un peu grosses mais on se surprend de nouvelles en nouvelles a essayer d’anticiper la prochaine et la surprise est toujours là. Chaque histoire, chaque personnage évoquent les moments clés de la vie. Chaque personnage est à un tournant de son histoire. Soit de la compréhension d’un passé, soit de choix à faire pour le futur. 

Je n'en dis pas trop pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture mais Stuart Nadler évoque au travers sa première histoire les tromperies et de secrets de famille révélés. La deuxième nous parle d'un père et un fils qui se retrouvent et se parlent. La troisième celle de deux frères qui se retrouvent à la maison familiale qui a abrité une enfance marquée par l’alcoolisme de leurs parents. La quatrième est l’histoire d’un couple qui se perd par des non-dits et que se retrouvent pour les dire. La cinquième se déroule autour d’un trio, d’une amitié qui au-delà des tromperies se révèle un repère indestructible pour les trois. La sixième narre l’histoire d’un père et d’un fils qui se connaissent mal et qui vont aller retrouver le père du premier que le deuxième n’a jamais connu. Et enfin la dernière est celle d’une histoire d’amour « toujours »…

C’est un de ces livres que l’on termine en disant que l’on a passé un bon moment, mais sans trop savoir pourquoi. Puis on le reprend quelques jours plus tard et on repense à chaque histoire et l’on se rend compte que deux mots dominent chaque histoire : famille et amour… Le livre de la vie avec ses hauts et ses bas, ses liens et ses séparations…

En bref : Un livre sur la vie plus que de la vie. Un livre qui évoque les émotions que l’on peut rencontrer tout au long de sa vie. Les liens du sang et les liens amoureux. Sept vies, sept vies qui sans jamais se croiser se rejoignent autour d’un mot commun « l’amour ». Des nouvelles qui peuvent se lire séparément et se révèlent pleine de points communs si l’on prend un peu de recul.



Morceaux choisis / Citations :
« Après une bière, il est saoule, ou pas loin. Il est comme moi, il n’encaisse pas grand-chose.»

« En bas de la petite pente, il y a le moulin à eau. Des siècles auparavant, il produisait de la pâte à papier, les villages alentour ont tout rasé pour amener le bois ici mais le moulin est mort, maintenant, un vestige presque effondré, infesté de rongeurs, de moisissure et de graffiti là où les mirs tiennent encore. Il est à plus d’un kilomètre dans la forêt et aucun signe ni panneau ne vient rappeler son importance passée. Par contre une réplique a été construite en ville, avec des plaques de bronze partout, et les collégiens en excursion prennent ça en photo. »

« Mon père l’a suivie quelques jours plus tard, comme je l’avais envisagé tant il était logique qu’il meure ainsi qu’il avait vécu, toujours derrière elle, lui obéissant au doigt et à l’œil. »

« Là encore, tout finit dans des sacs en plastique noir ou dans des boîtes en carton solides. Je suis impressionné par la rapidité avec laquelle David procède alors que je résiste mal au besoin d’observer tout ce que je touche. J’imagine que c’est révélateur de la distance que j’ai maintenue entre eux et moi. »

« Mon petit frère a posé sur sa tête le bonnet de Père Noël de Papa. Il se tient devant la fenêtre, complètement exposée puisque nous avons démonté les stores verticaux plus tôt, et dans cette lumière il est à la fois ma mère - les cheveux, le nez, les sourcils - et mon père, dont il imite la posture éméchée, le bonnet de guingois sur le crâne. »

« Elle revient vers lui, lâchant son sac qui tombe avec un gros bruit sur le sol. Il a toujours été amusé par le poids de ce qu’elle transporte avec elle, comme si elle ne sentait obligée d’être prête à n’importe quelle éventualité. »

« Catherine secoue la tête et s’enveloppe le buste de ses bras, pour se réchauffer ou pour se protéger de ce qu’elle est sur le point de faire, elle ne sait pas trop bien. »

« - il a les numéros, a insisté son fils en remontant sa manche et en passant la main sur son avant-bras.
-       ouais.
-       Ils sont au même endroit que les marques sur ton bras. 
-       C’est exact, a-t’il convenu en hochant la tête. »

« Penser à sa vie avant Henry ressemble à une conversation préhistorique avec elle-même ; penser à sa vie sans lui est terrifiant. »

« C’était quelqu’un de parfaitement à l’aise dans le vacarme de Manhattan, capable d’oublier l’agitation de la ville pour savourer sa lecture. Moi, j’étais toujours en quête de cette tranquillité alors que lui en avait à revendre. »

« -Hé, je t’aimais quand j’avais dix ans ! ai-je dit en riant. Qu’est ce qu’on peut faire de ça ? Où est-ce que ça peut se mettre ? C’est comme des déchets nucléaires : je ne peux pas les brûler, je ne peux pas l’enterrer. »

« La douche coulait, la glace était pleine de buée et j’ai tracé mes initiales dessus. Instinctivement. Enfant, je faisais pareil sur la vitre de la voiture de mes parents, ou plus tard aux carreaux de la fenêtre dans le bureau de mon grand-père. Les jours passaient et je m’émerveillais de les voir réapparaître sur le verre à nouveau embué, comme un fantôme les avait écrites à ma place. »


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